Sujets tombés cette année

 

Mise à jour: 20/06/2013


  1. -une exception: le sujet donné à Tokyo a porté sur Lorenzaccio => SKMBT_C55413062016430.pdf


  1. -les sujet donnés en France métropolitaine:

Question 1 (8 points):

En quoi le roman et le film, Zazie dans le métro, peuvent-ils être perçus comme la découverte d'un nouveau monde?

Question 2 (12 points):

"Tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire." En quoi cette phrase éclaire-t-elle votre compréhension du roman et du film Zazie dans le métro?


  1. -les sujets données aujourd’hui à Milan-Dakar-Abidjan:

Question 1: "J'ai vieilli": quel sens donnez-vous à cette réplique finale de Zazie dans le roman de R. Queneau et dans le film de L. Malle Zazie dans le métro?

 Question 2: Les ressorts comiques sont-ils les mêmes dans le roman de R. Queneau et dans le film de L. Malle Zazie dans le métro?



  1. -les sujets donnés au Liban:

Zazie dans le métro Raymond Queneau et Louis Malle

Question 1

Le début des deux œuvres, de Raymond Queneau et de Louis Malle, vous semble-t-il susciter les mêmes attentes chez le lecteur et le spectateur ?

Question 2

En quoi les deux œuvres donnent-elles une vision d'un monde instable ?



  1. -les sujets donnés en Polynésie:

Question 1 (8 points) :

Quel est l’intérêt du personnage de Laverdure dans le roman de Raymond Queneau, Zazie dans le métro ?

Question 2 (12 points) :

Les œuvres de Raymond Queneau et Louis Malle, Zazie dans le métro, font-elles rire de la même façon ? 



  1. -les sujets donnés à Washington:


Question 1 (8 points) : Quel rôle accorder au métro dans le roman de Raymond Queneau et dans le film de Louis Malle ?


I- La nature même du métro, la forme qu’il prend, les endroits où il apparaît dans les oeuvres, ses différentes représentations:

A) Un lieu où sont les personnages (à la fin), qui est représenté ou, du moins, dont l’entrée est

représentée.cf. la rêverie de Zazie, dans le film, où la faïence de l’appartement évoque celles des stations de métro, évocation redoublée par le bruit de la rumeur du métro.


B) Mais il est aussi l’objet d’une quête, un lieu qui se refuse, un lieu interdit (représenté par sa

porte fermée, par les murs d’entrée de la station couverts d’inscriptions, par le leitmotiv de

la grève, de l’arrêt paradoxal du mouvement induit par ce mode de transport). Un lieu, aux

yeux de Zazie, obligatoirement souterrain, voire secret, le métro aérien n’étant pas le métro

à ses yeux (Zazie « avec mépris »: «Le métro, (…) le métro, c’est sous terre, le métro, non mais.»). Il représente donc un monde de mystère. La quête du lecteur / spectateur auprès duquel le titre lance une attente s’avère ainsi déceptive, d’autant que Zazie ne parviendra que fort tard à entrer « dans le métro ».


C) Le métro est enfin un terme, un signifiant, un lieu dont on parle, support du langage, chez Zazie notamment, et d’un langage dont la principale dimension reste phatique. A ce titre, la réflexion récurrente de Laverdure « Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire » insiste dans les deux oeuvres sur l’inflation de la parole, à laquelle participe le motif du métro et de sa quête.


II- le rôle du métro au sein des oeuvres :


A) Le métro oriente l’espace créé au sein d’un Paris labyrinthique, topologie autour de laquelle

s’organise la narration (passerelle, pont Bir-Hakeim...) Il structure également, en tant que motif, les oeuvres, ouvre et clôt le récit. Motif récurrent des oeuvres, il en assure en partie leur cohérence (d’où la présence du métro dans le titre). Il initie les fuites de Zazie (dès la sortie de la gare / au petit matin le lendemain) et a ainsi un rôle dramatique puisqu’il permet la fuite finale après la débâcle aux Nyctalopes.


B) Le métro fonctionne aussi comme le révélateur d’un monde des apparences et ouvre la

réflexion sur l’identité : le passage par le métro signale discrètement l’ambiguïté Marceline /

Marcel et Albertine / Albert. Dans le roman comme dans le film, les personnages et les genres se jouent des apparences et le métro fonctionne comme un lieu de passage, de transition, le lieu par excellence qui autorise le travestissement.


C) Il a enfin une portée symbolique : inaccessible, il est l’objet d’une quête, d’une attente, d’un

désir qui n’est assouvi qu’à la fin, et encore de façon paradoxale puisque Zazie s’est endormie. Ainsi, le métro est-il le vecteur d’une des interrogations que proposent les oeuvres sur la quête et son objet. Descente du héros dans le monde des morts, forme de reprise du motif de la catabase (cf. Eneide de Virgile), d’où le héros ressort en principe instruit, le métro permet un « vieillissement », formulé explicitement par Zazie « j’ai vieilli ». Ainsi, la construction des deux narrations peut s’apparenter à une parodie de l’épopée, orientée vers l’accès à une forme de sagesse.




Question 2 (12 points) : L’oeuvre de Louis Malle vous paraît-elle être une simple transposition du roman de Raymond Queneau ?


I- les rapprochements entre les deux oeuvres, afin de justifier que le film est une adaptation, ici une transposition du roman.

A) la composition du film reprend l’ordre chronologique du roman, fondé sur le temps de la diégèse. Au respect du cadre spatiotemporel qui crée un ancrage réaliste (Paris dans les années 60, un monde en pleine transformation où apparaissent des vestiges de la guerre…) s’ajoute que la majorité des dialogues respecte le texte de Queneau. Le rythme même de la narration romanesque garde sa vivacité grâce à l’habile utilisation de la technique du montage cut.


B) L’étude d’un ou deux personnages du film (au choix des élèves, Gabriel par exemple) dont

la caractérisation obéit à l’illusion référentielle présente dans le récit


II- Cependant, le film n’est pas une simple illustration du roman. Il en est une réécriture


A) La progression de l’intrigue dans le film, si elle respecte la chronologie présente dans le roman, joue sur le rythme du récit, certains passages sont supprimés, d’autres résumés, et ces jeux d’extensions, d’ellipses ou de condensations créent des effets de rythmes propres au genre du cinéma. ex:  l’ajout du coup de foudre Pédro / Albertine, les épisodes successifs du

restaurant qui se trouvent condensés en un seul (idem pour la choucroute et la soupe à l’oignon), la suppression de l’altercation à la gare entre Gabriel et un inconnu, ou encore du cacocalo. L’écriture filmique est manifestement le fruit d’un travail d’épure et de resserrement spécifique au genre cinématographique.


B) Les personnages eux-aussi, d’abord parce qu’ils sont incarnés, fonctionnent comme des

illusions référentielles restreintes par le choix des acteurs, mais plus figuratives dans le

film. Ils subissent aussi quelques infléchissements que les élèves pourront noter. Par

exemple, les allusions sexuelles sont atténuées, l’ambiguïté sexuelle n’est pas marquée par le film et Zazie est rajeunie. Le jeu permanent des figurants, qui constituent une invention de Louis Malle, permet une stylisation extrême des personnages secondaires, confirmée en outre par le jeu stéréotypé des acteurs principaux.



Dans les procédés attendus se trouvaient:

- La Postsynchronisation des dialogues dans le film permet de transposer les effets de surprise provoqués chez le lecteur par les transcriptions phonétiques présentes dans le roman.


- L’usage des faux raccords montrent l’artificialité du cinéma, au même titre que les inventions lexicales et orthographiques de Queneau remettent en cause les conventions littéraires.


- Le recours aux focales courtes déforme visages et objets, les regards caméra interpellent le spectateur et créent une distanciation, qui, comme dans le roman, empêchent l’identification au personnage.